Le temps bonus Fischer au go
Le temps bonus Fischer — souvent appelé simplement temps bonus au go — ajoute un nombre fixe de secondes à votre pendule après chaque coup terminé. Le bonus non utilisé s'accumule, jouer vite constitue donc une réserve que vous pourrez dépenser plus tard. Le réglage 60 minutes + 20 secondes par coup est le standard actuel de l'American Go Association. Un plafond optionnel empêche la pendule de se remplir au-delà d'une limite.
Comment fonctionne le bonus
Le mécanisme est simple, et il démarre au premier coup et non après le temps principal :
- Vous commencez avec votre temps principal — disons 60 minutes.
- Vous jouez un coup. À l'instant où vous appuyez sur la pendule, votre bonus est ajouté — disons 20 secondes.
- Si votre coup a pris moins de 20 secondes, votre pendule affiche maintenant plus qu'avant le coup. Cette différence est mise en réserve et y reste.
- Si votre coup a pris plus de 20 secondes, votre pendule affiche moins qu'avant, mais de moins que le temps réellement consommé.
- Si votre pendule atteint zéro, vous perdez. Il n'y a pas de prolongation — le bonus est le mécanisme qui vous garde en vie.
Jouez 30 coups en 5 secondes chacun avec un bonus de 20 secondes et vous terminez ces 30 coups avec plus de temps qu'au départ. C'est la propriété caractéristique de Fischer : c'est le seul système courant du go où votre pendule peut monter.
Pourquoi l'AGA y est passée
L'American Go Association fait tourner ses tournois sur le temps bonus. L'US Open se joue à 60 minutes + 20 secondes par coup, et l'AGA publie des minima pour les parties comptant au classement, laissant aux organisateurs un choix de rythme :
| Réglage | Caractère |
|---|---|
| 60 min + 20 s | Format de l'US Open — temps principal généreux, bonus confortable |
| 30 min + 10 s | Le plus court des minima homologués ; vif |
| 20 min + 15 s | Entre-deux |
| 10 min + 20 s | Peu de temps principal, mais un bonus suffisant pour jouer indéfiniment |
L'argument pratique en faveur du temps bonus en tournoi est la planification. Une partie en byo-yomi peut, en principe, durer éternellement — chaque coup réinitialise la période, deux joueurs déterminés peuvent donc jouer trois cents coups à 29 secondes chacun. Le temps bonus offre la même protection contre la chute du drapeau, mais la pendule continue de baisser en jeu normal, les rondes s'achèvent donc plus près de leur durée prévue. C'est cette prévisibilité dont un directeur de tournoi a besoin.
Le plafond de temps
Un plafond est une limite au-delà de laquelle la pendule ne se remplit jamais. Avec 10 minutes + 5 secondes et un plafond de 10 minutes, une séquence de coups rapides vous ramène vers 10 minutes mais jamais au-delà.
Les plafonds existent pour empêcher une tactique précise : dans une position comportant de nombreux coups forcés, un joueur peut se constituer une grosse réserve de temps en jouant instantanément les réponses évidentes, puis dépenser cette réserve ailleurs. Est-ce du talent ou de l'exploitation ? C'est une affaire de goût, et c'est pourquoi le plafond est optionnel. Il est courant en ligne et rare sur plateau.
Dans Byoyomi Timer, le plafond est un champ distinct de toute cadence Fischer, et le mettre à zéro signifie aucun plafond.
Fischer face au byo-yomi
| Temps bonus Fischer | Byo-yomi japonais | |
|---|---|---|
| Quand le temps est accordé | Après chaque coup, dès le premier | Par coup, seulement après la fin du temps principal |
| Le temps peut-il s'accumuler ? | Oui — c'est tout l'objet | Non, jamais |
| Temps garanti par coup | Le bonus seul | La période entière, à chaque coup |
| Récompense | Le jeu efficace | Le jeu régulier |
| Risque | La pendule peut toujours atteindre zéro | Seule la dernière période peut mettre fin à la partie |
La différence profonde tient à ce qui se passe quand vous êtes en difficulté. En byo-yomi, une position difficile en fin de partie vous donne encore la période entière — le système ne se soucie pas de ce que vous avez mal géré votre temps principal. Avec Fischer, une position difficile en fin de partie vous donne ce que vous avez économisé plus tôt, plus le bonus. Fischer fait compter la gestion du temps du début à la fin ; le byo-yomi remet le compteur à zéro.
Les deux sont légitimes, et beaucoup de joueurs préfèrent celui qu'ils ont appris en premier. Voyez la comparaison complète pour savoir comment ils changent la sensation d'une partie.
Le nom
Le système porte le nom de Bobby Fischer, qui a breveté en 1988 une pendule d'échecs construite autour de ce principe et soutenu que l'incrément supprime la partie la plus laide de la crise de temps — perdre une partie gagnée parce qu'on n'arrive pas à bouger les pièces assez vite. Le go a adopté la même idée et parle généralement de temps bonus ; OGS emploie Fischer par défaut pour plusieurs types de parties.
