Ing, NHK et les cadences progressives
Trois systèmes de temps du go se situent en dehors des systèmes courants. La prolongation Ing permet à un joueur d'acheter jusqu'à trois périodes supplémentaires, chacune coûtant 2 points de pénalité sur le plateau. Le format NHK donne 30 secondes par coup appuyées sur dix périodes de réserve d'une minute, et il est la base du go télévisé le plus connu du Japon. Le byo-yomi progressif est le byo-yomi canadien dont le quota de pierres augmente à chaque bloc terminé. Les trois sont mis en œuvre dans Byoyomi Timer.
La prolongation Ing : payer le temps en points
Les règles Ing, soutenues par la Ing Chang-Ki Weiqi Educational Foundation et reconnues dans le règlement de tournoi de la European Go Federation, traitent la crise de temps d'une façon qu'aucun autre système n'emploie : au lieu de mettre fin à la partie, vous achetez du temps et le payez en points.
- Quand votre temps principal expire, vous pouvez prendre une période de prolongation. Chaque période dure un sixième du temps principal d'origine — 10 minutes pour une partie de 60 minutes.
- Chaque période prise coûte 2 points, déduits de votre score à la fin de la partie.
- Vous pouvez prendre jusqu'à trois périodes. Dépasser la troisième fait perdre la partie au temps.
Un joueur peut donc échanger jusqu'à 6 points contre jusqu'à une demi-heure de réflexion supplémentaire dans une partie de 60 minutes. Dans une partie serrée, 6 points sont décisifs ; dans une partie que vous menez de 20 points, c'est une aubaine. Cela transforme la crise de temps en véritable décision stratégique au lieu d'une simple menace, et c'est ce qui rend le système intéressant.
Une pendule peut compter les périodes et totaliser la pénalité, mais elle ne peut pas appliquer les points — le décompte se fait sur le plateau. Byoyomi Timer affiche donc la pénalité accumulée et laisse le calcul aux joueurs, ce qui est la seule chose honnête qu'une pendule puisse faire ici.
Le format NHK : 30 secondes et dix bouées
Le radiodiffuseur public japonais NHK organise depuis longtemps un tournoi de go télévisé, et sa cadence est conçue pour la télévision : les parties doivent tenir dans une case horaire, mais ne doivent pas se décider à la pure vitesse.
Le format, c'est 30 secondes par coup, avec dix périodes de réserve d'une minute qu'un joueur peut mobiliser quand 30 secondes ne suffisent pas. Il n'y a aucun temps principal — la pendule est une échéance par coup dès le premier coup. Utiliser une réserve la consomme définitivement ; les dix réserves sont en pratique dix bouées de sauvetage pour toute la partie.
Le regarder ne ressemble à aucun autre go. Les professionnels jouent la plupart des coups dans les 30 secondes, la partie avance donc à un rythme régulier, presque musical, ponctué par les moments où l'on voit un joueur décider de dépenser une bouée. Mécaniquement, c'est du temps par coup avec des périodes de réserve, et c'est pourquoi Byoyomi Timer le met en œuvre comme un préréglage de son système de temps par coup plutôt que comme un mode distinct.
Le byo-yomi progressif : le quota qui augmente
Le byo-yomi progressif est le byo-yomi canadien avec un incrément sur le nombre de pierres. Chaque fois que vous terminez un bloc, le suivant exige plus de pierres dans le même temps :
| Bloc | Pierres requises | Temps | Moyenne par pierre |
|---|---|---|---|
| Premier | 15 | 5 min | 20 s |
| Deuxième | 20 | 5 min | 15 s |
| Troisième | 25 | 5 min | 12 s |
La pression monte d'un cran à mesure que la partie s'étire, ce qui convient à la structure du go : les coups de fin de partie sont davantage forcés et peuvent réellement être joués plus vite. Ce système est employé lors d'événements en Asie de l'Est et quasiment inconnu en Europe et en Amérique du Nord — mais comme il n'est qu'à un paramètre du byo-yomi canadien, il n'y a aucune bonne raison pour une pendule de ne pas le proposer.
Pourquoi mettre en œuvre des systèmes aussi rares ?
Parce que les joueurs qui en ont besoin n'ont nulle part ailleurs où aller. Un club organisant un événement sous règles Ing, ou un groupe voulant jouer le format NHK qu'il regarde à la télévision, ne trouvera cela ni sur une pendule d'échecs ni dans la plupart des applications de minuterie — et la logique reste modeste dès lors que le byo-yomi et le canadien existent.
L'inverse est vrai aussi : Byoyomi Timer ne met délibérément pas en œuvre le délai Bronstein ni le mode sablier. Ce sont deux systèmes d'échecs sans usage significatif au go, et les inclure encombrerait le sélecteur pour tous les joueurs de go sans servir personne.
