Pendule d'échecs ou pendule de go
Une pendule d'échecs et une pendule de go se ressemblent et ne sont pas interchangeables. Une pendule d'échecs ajuste une réserve unique de temps par l'incrément ou le délai. Le go exige que la réserve soit remplacée dès qu'elle se vide — par des périodes par coup qui se réinitialisent (byo-yomi) ou par un bloc de temps lié à un décompte de pierres (byo-yomi canadien). Presque aucune pendule d'échecs ne met correctement en œuvre le premier, et aucune ne peut faire le second, parce que les échecs n'ont pas la notion de compter des pierres.
Ce qu'une pendule d'échecs peut et ne peut pas faire
| Exigence | Pendule d'échecs typique | Pendule de go |
|---|---|---|
| Sudden death | Oui | Oui |
| Incrément Fischer / temps bonus | Oui | Oui |
| Byo-yomi avec périodes qui se réinitialisent | Rarement — et souvent à tort | Fonction centrale |
| Décompte des périodes restantes à l'écran | Non | Oui |
| Compteur de pierres du byo-yomi canadien | Non | Oui |
| Décompte parlé seconde par seconde | Non | Attendu |
| Délai Bronstein, sablier | Oui | Inutile — non employé au go |
Le recouvrement est réel mais étroit : pour le sudden death et Fischer, une pendule d'échecs fait une parfaite pendule de go. Tout ce qui caractérise le chronométrage du go tombe en dehors.
D'où vient le décalage
Les échecs et le go résolvent le même problème — ne pas laisser une bonne partie se décider à la vitesse physique — par des mécanismes différents, parce que les jeux ont des formes différentes.
Une partie d'échecs compte typiquement 40 à 60 coups et s'achève dans une position tranchée. Ajouter quelques secondes par coup suffit : la réserve se vide, l'incrément ralentit ce vidage, la partie se termine. Les réponses des échecs sont toutes des ajustements de la réserve — l'incrément l'alimente, le délai la suspend avant qu'elle ne se vide, Bronstein la rembourse.
Une partie de go va jusqu'à 200, 250, parfois 300 coups, et les cinquante derniers valent des points à l'unité. Une réserve qui se tarit là met fin à la partie arbitrairement dans une position quasi terminée. Le go a donc remplacé la réserve : le byo-yomi vous donne une nouvelle échéance pour chaque coup, indéfiniment. Rien dans le chronométrage des échecs ne fait cela, et c'est pourquoi le matériel ne le fait pas non plus.
Reste le décompte. Byo-yomi (秒読み) signifie littéralement « lire les secondes », d'après le chronométreur qui les égrenait à voix haute. Les joueurs de go attendent une voix ; les pendules d'échecs bipent au mieux. Cela paraît une différence cosmétique et ne l'est pas — quand une période de 30 secondes constitue tout votre budget, entendre « … cinq, quatre, trois … » sans lever les yeux du plateau fait la différence entre jouer et surveiller la pendule.
Là où la confusion est la pire : le « byo-yomi » sur une pendule d'échecs
Certaines pendules d'échecs numériques annoncent le byo-yomi. La DGT 1005, commercialisée à travers l'Europe précisément comme un « Byo-yomi Timer », est la plus connue — et c'est une véritable exception qui met bel et bien en œuvre des périodes. Mais le cas général n'est pas aussi net : de nombreuses pendules étiquetées byo-yomi appliquent en réalité un délai fixe par coup, qui se comporte différemment dans la situation qui compte le plus.
Le test est simple. Demandez ce qui arrive à une période quand vous jouez à temps. Dans un vrai byo-yomi, elle repart intégralement et n'est pas consommée — vous pouvez jouer éternellement à 29 secondes par coup. Si la pendule continue au contraire de décompter la période ou en consomme une par coup, ce n'est pas du byo-yomi, quoi qu'annonce la boîte.
Quoi utiliser à la place
Il y a trois options honnêtes pour un joueur de go qui a besoin d'une pendule au plateau :
- Une pendule de go dédiée. Correcte et robuste, mais c'est un produit de niche — disponibilité limitée et prix en conséquence.
- Une pendule d'échecs, en acceptant ses limites. Convenable si votre club joue en sudden death ou en temps bonus et rien d'autre.
- Un téléphone. L'argument véritable, c'est l'écran : il peut montrer une période en cours et les périodes restantes et un compteur de pierres en même temps, dans des chiffres lisibles d'un bout à l'autre d'un plateau, et il peut parler. L'afficheur à segments d'une pendule dédiée ne peut pas.
Byoyomi Timer est la troisième option, bâtie correctement : le byo-yomi par défaut plutôt qu'en pensée après coup, le byo-yomi canadien avec compteur de pierres tactile, Fischer avec plafond optionnel, Ing, le format NHK, le temps par coup et le sudden death — avec un décompte parlé en japonais, coréen, mandarin, anglais, allemand ou français. Elle garde l'écran allumé, tourne sur l'écran verrouillé grâce à une Live Activity et fonctionne en mode avion. Elle laisse aussi de côté Bronstein et le sablier, parce que le go ne les emploie pas.
